Suisse, les lacs

Itinéraire - été 2009.

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Connaissez-vous la Suisse ?

La Suisse, c’est ce petit pays niché au coeur de l’Europe, indépendant, n’appartenant à aucune communauté, cultivant sa neutralité et son autonomie avec application. D’une superficie d’à peine 40 000 km2, la Suisse se traverse de part en part en moins d’une demi-journée. Réserve d’eau inestimable et source de nombreux fleuves importants (le Rhin, le Rhône), elle est en quelques sortes le château d’eau de l’Europe : 70 % de la Suisse est composée de lacs et de montagnes enneigées. Mais la Suisse, c’est surtout le pays de tous les records d’altitude et de dénivelé en Europe : le plus grand nombre de sommets (48 pics de plus de 4000 m), le plus haut tramway (Zermatt – 2 222 m), le funiculaire le plus incliné (Gelmerbahn 106%), le chemin de fer à crémaillère le plus raide du monde (train du Pilatus – 48%), la plus haute gare ferroviaire (Jungfraujoch – 3 454 m)…

La liste est longue. Ce qu’on retient moins de la Suisse, c’est ce patchwork de langues (Allemand, Italien, Français et Romanche) et d’influences régionales. La Suisse est une confédération, c’est-à-dire la réunion de 23 cantons, qui possèdent tous une constitution, une identité, un gouvernement et des tribunaux. Un Suisse est d’abord citoyen d’un canton, avant d’être citoyen Suisse !

Le pays, vu de notre vélo.

La Suisse nous a enchanté. Les montagnes enneigées se contemplent dans la surface des lacs paisibles. C’est un concentré de propreté. Autour de vous, des images d’Epinal à n’en plus finir : on s’attend à tout moment à voir débouler de derrière les chalets, une Heïdi rieuse et son Peter, au son des cloches de vaches ; on se laisse bercer par le lent accent du Jura Suisse en savourant un carré de chocolat.

Côté vélo, la Suisse est une surprise. Nous qui avions déjà roulé aux Pays Bas et en Allemagne, nous pensions avoir parcouru le « must» des pistes cyclables. Et pourtant… la Suisse, c’est le paradis du vélo pour ceux qui veulent se lancer dans un périple à 2 roues sans trop d’inconnues. D’accès facile, ce pays possède des infrastructures cyclistes développées : 8 500 kilomètres de pistes cyclables balisés à faire pâlir les hollandais, panneaux directionnels avec flash codes intégrés… rares sont les moments où l’on doit sortir la carte pour s’orienter. Sans compter les nombreux campings et aires de pique-nique aménagées, les lacs, les piscines en milieu naturel où se rafraîchir et délasser les muscles après une journée de vélo.

A vous de choisir… Suivant où vous mène votre itinéraire, affûtez vos mollets et optez pour de bons pignons : 50 % de la Suisse dépasse la barre des 1 200 m d’altitude ! Mais de nombreux coins sont accessibles avec des carrioles et de jeunes enfants. De plus la Suisse possède un réseau ferroviaire bien développé qui vous permet d’embarquer votre vélo pour sauter quelques étapes si besoin.

Pour préparer votre périple, rien de tel que le site internet de l’office du tourisme helvète : il est tip top. Vous visualisez les itinéraires balisés nationaux et régionaux, vous pouvez zoomer, sélectionner, consulter les reliefs, imprimer la carte en version satellite ou topographique ! www.suisse-a-velo.ch

Mise en garde : Si par contre votre itinéraire vous mène sur les rives du lac de Neufchâtel, entre Estavayer le lac et Portalban, évitez de vous enquiller sur le chemin des « mouches vampires »… Ce chemin de randonnée indiqué sur la carte, traversant le marais et évitant ainsi de monter sur les hauteurs d’Estavayer avait tout pour être attrayant …en théorie. En pratique, on s’est retrouvé sur un ponton en bois pas plus large que nos carrioles avec des rangées de roseaux de chaque côté, ce qui nous a empêché de rebrousser chemin. Les lattes se relevaient sur notre passage comme des touches de piano et le ponton à 2 reprises bifurquait en angle droit comme pour nous narguer avec nos carrioles… plus loin le supplice a continué : le ponton s’est transformé en chemin étroit, cabossé, avec tant d’ornières qu’on ne pouvait les éviter… Pour parfaire le tableau, le chemin était infesté de mouches d’ânes plus voraces les unes que les autres, d’où le surnom que nous avons donné à ce circuit !!! Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenu ;-)
 

Ce qu’on a voulu retenir…

Train du Schynige Platte - Région d'Interlaken.

> Les Suisses n’étaient pas franchement en avance côté chemin de fer. Ils ont inauguré leur 1ère gare en 1845 pour seulement 30 km de ligne… alors qu’à cette époque, ses voisins, la France et l’Allemagne avaient déjà construit des milliers de kilomètres de voies ! Mais une fois lancée, la Suisse s’attela à un important programme de développement ferroviaire, sans se laisser impressionner par les pentes et les variations de relief.

Massif de la JungFrau

Leurs trains à crémaillère plus vertigineux les uns que les autres sont à l’origine de leur réputation. L’essor du tourisme de montagne à la fin du 19ème siècle, en fit même en Europe une des destinations les plus prisées. Un peu comme la tortue de Jean de la Fontaine, le chemin de fer suisse eu donc son heure de gloire en temps et en heure ;-)

> Les Suisses sont les plus gros consommateurs au monde de chocolat –presque 12 kg par an et par habitant- Enfin, rectification, les Suisses sont les plus gros consommateurs de chocolat au monde après les filles du bureau où je travaille (dont je tairais la consommation annuelle pour préserver leur réputation). C’est au 19ème siècle que de grands génies du palais développèrent le chocolat moderne :  Philippe Suchard, Rodolphe Lindt,  Theodor Tobler (vous vous demandiez d’où venait le nom de cette barre de chocolat triangulaire qui colle délicieusement aux dents !? Vous avez la réponse).

> Se balader sur les rives du lac des 4 cantons, du côté de Luzern, c’est comme marcher sur les traces de Guillaume Tell. On raconte qu’au début du 14ème siècle, cet ancien mercenaire et fin archer a été condamné à la fameuse épreuve de la pomme par le bailli Gessler (le représentant de l’autorité au service des Habsbourg).

Lac des 4 cantons - région de Luzern.

Parce qu’il n’avait pas voulu le saluer, Guillaume Tell dût tirer à l’arbalète dans une pomme posée sur la tête de son fils. En cas d’échec, il était con-damné à mort. Comme tout le monde le sait, il coupa le fruit en 2 sans toucher l’enfant.

L’histoire pourrait s’ar-rêter là mais le bailli ayant découvert que Guillaume Tell portait une autre flèche lui étant destinée, il le fit arrêter et l’embarqua sur le lac des 4 cantons pour l’emprisonner à Küssnacht. Une tempête menaça soudain la frêle embarcation et l’on raconte que Guillaume Tell, le plus expérimenté pour manœuvrer l’embarcation, prit les commandes, approcha du rivage et au lieu dit « Tellsplatte » bondit à terre avant de repousser l’embarcation vers les flots… Oui, bon ben là, on peut tiquer un peu ;-) Par la suite, l’archer tua le bailli non loin de Küssnacht.

Nul ne peut affirmer que Guillaume Tell a bien existé aujourd’hui. Une chose est sûre pourtant, il est devenu le symbole de l’indépendance de la Suisse, par cet acte de rébellion contre les ducs d’Autriche. Sa légende résonne au-delà des montagnes et du lac.

Les meules de Gruyère, entreposées pour l'affinage.

> Nous les adeptes de Gouda et d’Edam (où nous avions fait escale aux Pays Bas – voir Carnets de voyage HOLLANDE) …Comment ne pouvions-nous pas être attirés par la vallée de la Gruyère ? Je l’avoue, en bonne « franchouillarde » que je suis, je suis (entre autres) une accro du fromage ! Et lors de nos voyages, cela est devenu désormais un jeu : celui de sélectionner un pays producteur de fromage. Bon, je vous rassure, il y a des années où je sais faire quelques entorses au jeu. Alors oui, à Gruyères, nous avons visité l’usine et dégusté le fameux fromage du même nom. Mais tout comme en Hollande, ce qui nous marque à chaque fois -nous autres pauvres consommateurs de supermarchés- c’est la grosseur des meules ! Elles sont presque du même diamètre que les roues de nos carrioles !!!

> L’edelweiss pousse au dessus de 1 900 m, dans un milieu hostile.

C’est pourquoi sa fleur est disproportionnée par rapport au reste de la plante, comme toute la flore alpine.J’aimerais vous y voir vous, toute l’année niché sur les hauteurs !

> L’habitat suisse, le chalet. Je crois que c’est ce que tous les touristes viennent secrètement chercher en Suisse : le chalet en bois, cossu, le balcon pigeonnant de géraniums, surplombant le vert pâturage…

Chalet typique du canton de Berne.

Oui, le chalet suisse n’est pas un mythe, c’est même une institution. Et pourtant, chaque région, chaque vallée possède son type de chalet, comme une marque de fabrique : le chalet de campagne bernoise dodu avec son large chapeau en bois arrondi ne ressemble en rien au chalet de la vallée du Tessin campé sur ses pierres avec un toit plus aérien. Si vous rêvez de découvrir ces trésors d’architectures, rendez-vous dans le très beau musée suisse de l’habitat rural à côté du lac de Brienz. Sur 80 ha, vous passez d’une vallée à l’autre, visitant des chalets typiques reconstitués dont les intérieurs sont aussi improbables que leurs extérieurs et vous découvrez tous les métiers d’autrefois. Vos enfants adoreront.

Pâturages dans la région de la JungFrau.

> Neutralité et indépendance, comment est-ce possible ? La Suisse a proclamé sa neutralité dès le 19ème siècle. Et ce n’est pas qu’un concept théorique puisque dès 1863, le Suisse Henry Dunant fonde la Croix-Rouge qui rédige l’année suivante la 1ère convention de Genève sur la protection des soldats blessés lors de conflits armés. Dès la guerre franco-prussienne de 1870, la Suisse met en œuvre des opérations humanitaires pour garantir la protection des civils ou des soldats désarmés. Lors de la 1ère guerre mondiale et même de la 2ème, la Suisse parvient à maintenir sa neutralité… mais restera sur ses gardes en 1940 et 1943 pour défendre ses frontières contre Hitler… Faut dire qu’en tant qu’Etat neutre, la Suisse a un argument de poids, puisqu’elle commerce aussi bien avec l’Allemagne, l’Italie que l’Angleterre ou la France. Une plaisanterie circule alors à l’époque « Les Suisses travaillent 6 jours pour l’Allemagne et prient le 7ème pour la victoire anglaise ». En tous les cas, la neutralité affichée de la Suisse lui vaudra d’être choisie pour accueillir le siège de nombre d’organismes mondiaux (Siège européen de l’ONU, Comité Olympique, le siège de la Croix Rouge).

> Le drapeau suisse (croix blanche sur fond rouge) est le seul au monde à être carré avec celui du Vatican.

> Le statut de la femme en Suisse, évolué ? Au risque de paraître très soixante-huitarde, j’ai été scotchée d’apprendre que les femmes helvètes n’ont eu le droit de vote dans les cantons qu’en 1971. Veuillez m’excuser mais pour un pays qui se proclame neutre et démocratique, je trouve comme un trou dans le paysage. Parce que oui, le statut de la femme en Suisse reste en général largement moins favorable que dans les autres pays occidentaux ! Visez un peu : L’égalité dans le mariage reconnu en … 1985, l’IVG autorisée… en 2002, et le congé maternité voté… en 2004 ! Heïdi a dû un peu déchanter lorsqu’elle a atteint la majorité !

> Le couteau suisse : On a coutume de dire que c’est la « plus petite boîte à outils du monde ». Conçu à la fin du 19ème siècle afin d’équiper l’armée suisse pour les conditions de survie extrêmes, ce petit couteau a rencontré un succès planétaire. Aujourd’hui, on comptabilise près de 400 modèles différents et -modernité oblige- les derniers modèles intègrent une clé USB et un lecteur MP3…

Nos coups de cœur en photos

Lac de Murten (Morat)

Les lacs et leur fraîcheur apaisante : On s’est délecté de pouvoir piquer une tête midi et soir dans des belles eaux aux reflets argentés. De nombreuses bases de loisirs sont aménagées sur les rives : toboggans et plongeoirs à couper le souffle ont ravi nos garçons.
 

Coeur historique de Luzern

Luzern compte parmi les 10 villes les plus visitées au monde… Il faut dire cette ville a tout pour attirer :  construite à l’extrémité Nord-Ouest du lac des 4 cantons, elle regorge de clochers en flèches, de placettes romantiques et de belles demeures du 19ème.
 

Mais visiter Luzern, c’est surtout se promener sur le Kapellbrücke (Pont de la Chapelle). C’est le plus long pont de bois couvert. Bâti au 14ème siècle pour protéger la ville, il ne ressemble à aucun autre ! Ses rambardes débordantes de géraniums illuminent son bois sombre, et en marchant on découvre une ribambelle de panneaux de bois peints. Et comme rien n’est décidemment commun dans ce pont, il enjambe un bras de la Reuss… en biais en faisant un coude, arborant une tour octogonale (château d’eau) en son milieu. A savoir : le pont a brûlé dans la nuit du 17 au 18 août 1993, et a été entièrement reconstitué dans un temps record. Parce que Luzern sans son petit pont de bois, ce ne serait plus Luzern !
 

Le train à crémaillère qui monte au sommet du Pilatus.

Le Pilatus et son train à crémaillère. La ligne de chemin de fer à crémaillère du Pilate est la plus raide du monde pour ce mode de traction. La rampe maximale s’incline à 48%. D’abord jugée irréalisable, elle a été taillée dans le rocher et repose sur un système de 2 roues à crémaillère horizontales. Adeptes du vertige, accrochez-vous ! La montée est impressionnante. Une fois là-haut, vous avez une vue imprenable sur la chaîne des Alpes et le promontoire du Rigi qui donne d’ici une allure de Fjord à certains endroits du lac des 4 cantons.
 

Lac des 4 cantons - vue du sommet du Pilatus.

Le Lac des 4 cantons : Le lac au croisement de 4 cantons suisses a une forme particulière, avec de multiples recoins, des bras qui s’étirent loin épousant les montagnes.
 

Interlaken signifie "la ville entre 2 lacs" (lac de Brienz et lac de Thune)

 Interlaken et sa région : Interlaken, c’est la ville entre deux lacs (inter = entre, Laken = lacs). Quand on monte dans le petit train à crémaillère qui mène au Schynige Platte, on découvre un panorama exceptionnel sur les lacs de Thune et de Brienz. L’Aare se jette dans le lac de Brienz en mélangeant ses alluvions dans le bleu prononcé des eaux.

Lac de Thune, Région d'Interlaken.

Là haut, des chemins de randonnée serpentent le long de la crête. D’un côté, les lacs, de l’autre, on a une vue imprenable sur le glacier de la JungFrau (4 158 m).
 

Vue du jardin du Château des Comtes de Gruyères.

 
Visiter Gruyères, c’est comme faire un bon de 5 siècles dans le passé. Cette cité musée regorge de rues pavées, de maisons anciennes, d’enseignes en fer forgé. Sur la place centrale, où l’on peut se rafraîchir à la fontaine, on aperçoit au bout l’ancien Château des Comtes de Gruyères.

Vallée de Gruyères.

Un régal pour les yeux : à déguster de l’intérieur comme de l’extérieur dans les jardins fleuris.
 

Entre le lac de Morat et le lac de Neufchâtel, pédalez le long du chemin des maraîchers… A perte de vue des champs de légumes sous le soleil. Un vrai casse-tête champêtre pour les citadins que nous sommes… notre niveau de connaissances agricoles est disons-le, ras-les-pâquerettes !! Avec les enfants, pendant des kilomètres nous avons joué à « Quoi que c’est ??? ». N’a pas toujours gagné celui ou celle qu’on croit !
 

Feuilles de tabac mises sur des étendages pour sécher.

Justement, au jeu de « Quoi que c’est ??? », à force de croiser des champs entiers de ces feuilles vertes géantes qui nous arrivaient à mi-cuisse, nous nous sommes arrêtés pour demander : Rhubarbe ? Salade transgénique ? Epinards de Tchernobyl ? non… du Tabac ! En se penchant un peu pour jeter un œil à l’intérieur des hangars, nous avons en effet découvert des étendages de linge pleins de verdure à sécher. Renseignement pris, la Suisse est également producteur de cigares dans la région de Neufchâtel. Ainsi donc, même chez les Suisses, l’argent peut partir en fumée ?!
 

Notre météo

30 °C dans la journée avec un soleil omniprésent. Pas un nuage, une seule journée de pluie / brouillard du côté d’Interlaken. Des conditions météo idéales pour admirer les sommets des 4 000 et les reflets sur le glacier de la JungFrau.

Stop ou encore ?

A l’unanimité encore, sans peur de se lasser ! La Suisse est une bouffée d’oxygène, un écrin de verdure et de pureté. Elle offre une variété d’activités pour les petits voyageurs à vélo qui agrémentent avec bonheur leurs journées pédalage. Et il suffit de tourner la tête à droite ou à gauche, pour être hypnotisé par les vertes vallées, les forêts de sapins, les chalets fleuris et les lacs scintillants !

Comment y sommes nous allés ?

En voiture. Autoroute tout le long, l’accès est facile.

A savoir : les autoroutes suisses sont payantes. Une vignette en entrée de territoire permet de circuler non stop 12 mois consécutifs partout en Suisse.

> Avec une remorque, c’est double vignette. Optez pour l’autoroute si après calcul, cela vous semble plus avantageux pour vous (rapport temps/distance), en prenant en compte que la Suisse est un pays très montagneux au Sud et à l’Est (routes secondaires sinueuses, temps de parcours ralenti).

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