Hollande, côté fromages

Itinéraire - été 2007

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Connaissez-vous les Pays Bas ?

Face à la mer du Nord, avec la Belgique et l’Allemagne pour voisins, les Pays Bas sont un petit pays mesurant à peine 300 km de long et 200 km de large. Et bas, ils le sont effectivement avec près d’1/4 de leur territoire situé sous le niveau de la mer et gagné à la force de grands travaux hydrauliques… Le point le plus élevé de la Hollande ne culmine qu’à 321 mètres. Mais ne vous fiez pas aux apparences, ce petit pays s’est imposé comme la porte de l’Europe sur le monde avec Rotterdam, 1er port maritime d’Europe et l’aéroport international d’Amsterdam, l’un des plus gros dans sa catégorie. Grands voyageurs depuis la nuit des temps, les Néerlandais ont su tirer de leur accès à la mer et leur réseau de fleuves et de canaux un atout en matière de circulation de marchandises.

Le pays, vu de notre vélo.

La Hollande est un pays qui se parcourt à vélo, nul doute. Ceci dit, pour les adeptes du canotage, sillonner les Pays-Bas en bateau est également le top ! Là-bas, la seule difficulté à redouter en 2 roues ou à voile est le vent dans le nez !

Pédaler en Hollande, c’est une leçon d’urbanisme pour nous autres Français : les quartiers et les villes donnent l’impression d’avoir été bâtis après et autour du réseau cyclable. On comptabilise d’ailleurs sur le territoire près de 15 000 km de pistes cyclables… C’est un pays où la population est résolument tournée vers le vélo. Et les Pays Bas regorgent de vélos en tout genre, aussi improbables qu’ingénieux : du triporteur aménagé au fameux grand vélo hollandais qui rétropédale, ce pays est une vraie caverne d’Ali Baba pour les amoureux de la petite reine !

Côté images d’Epinal, la Hollande n’est pas de reste : moulins, canaux, tulipes, ponts à balanciers… il suffit de tourner la tête dans les campagnes pour retrouver le charme des tableaux de Van Gogh, avec ses paysages tourmentés par le vent d’Ouest. Nous avons pédalé principalement à travers la Hollande Septentrionale,  le long des canaux et des champs de pâturage, entre mer du Nord et mer intérieure. Les fermes sont charpentées, imposantes, les extérieurs proprets avec leurs buis taillés en boule et leur mobilier en teck. Dans les villes et les bourgs, on est charmé par les rues pavées le long des maisons de briques rouges. Et dès que l’on quitte la ville, on retrouve les champs verts  à perte de vue entrecoupés de moulins, dressés contre le vent, tantôt chaume, tantôt bois, avec calotte tournante ou à pivot… Ils rythment le paysage le long des canaux, rappelant à tout moment les kilomètres carrés que les hollandais ont gagné sur la mer.

Pour ce qui est de notre périple, si la Hollande est le pays du vélo,  elle est moins un pays de cyclo-nomades, où tout du moins pas dans le centre des Pays Bas. Nous y avons croisé qu’une seule fois des campeurs à vélo. Les Hollandais pédalent pour se rendre de ville en ville, mais peu de vacanciers adeptes des périples vélo et peu de campings aussi dans la région que nous avons fait : C’est le bémol de notre séjour avec le casse-tête du repérage des panneaux et des directions ! Certains campings étaient parfois indiqués sur notre carte et une fois sur place, nous nous trouvions devant un champ de mobil-homes rangés en rang d’oignons, sans sanitaires et interdiction de planter la tente…

Côté orientation, dans le centre de la Hollande, il n’existe pas d’itinéraires de cyclo-voyage fléchés comme pour l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse. A vous de bâtir votre tracé sur la carte et d’essayer de vous repérer devant les panneaux néerlandais… Cependant les pistes cyclables sont si nombreuses, qu’en cas de mauvaise bifurcation, on retombe toujours sur nos pattes plus loin !

Ce qu’on a voulu retenir…

> Hollande ou Pays Bas ?Pays Bas est bien le nom officiel de ce pays. Hollande est souvent utilisé mais n’a pourtant pas de caractère officiel… Pour comprendre, il faut remonter quelques siècles auparavant, lorsque la province de Hollande (qui comprenait la

Ferme Hollandaise

Hollande Méridionale et Septentrionale) assurait la grande majorité du commerce extérieur du Pays. Les négociants étrangers avaient donc essentiellement à faire à des Néerlandais de Hollande… D’où l’habitude pour les étrangers de parler de Hollande ou de Hollandais pour désigner l’ensemble du pays et de ses habitants.

> Les Pays-Bas, symbole de la lutte contre les eaux. Les Pays Bas ont gagné 20 % de superficie supplémentaire… sur la mer. C’est en mettant en place dès le 16èmesiècle, un ingénieux système de polders et de digues que les Néerlandais ont pu assécher des territoires entiers. La surface convoitée est d’abord entourée de digues, puis l’eau emprisonnée est rejetée vers la mer via des canaux, par un système de pompe avec les fameux moulins à vent. Polder signifie littéralement « terre endiguée ». C’est ainsi qu’au fil des siècles, les Néerlandais ont gagné de grandes étendues de terre artificielles sur des marais, des estuaires, des lacs ou des zones littorales.

> Mais cette lutte n’est pas sans conséquence… Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953, sous l’effet conjugué d’un vent violent et d’un phénomène de très haute marée, un raz de marée rompit les digues en plusieurs endroits et submergea l’estuaire de l’Escaut (comme des années plus tard la tempête Xynthia en Charente Maritime…). Ces terribles inondations firent 1865 morts, 500 000 sinistrés et dévastèrent 260 000 ha de terres.

> C’est suite à cet évènement, que le gouvernement néerlandais lança le plan Delta : un projet titanesque, fleuron des travaux hydrauliques mené aux Pays Bas, voté en 1956 et achevé en 1998. La région entre l’Escaut occidental et Rotterdam est en effet une zonesensible aux inondations, parce que située aux embouchures du Rhin, de

Les Polders : les moulins assèchent les marécages. L'eau rejetée retourne à la mer par un savant système de canaux.

la Meuse et de l’Escaut. Ce vaste estuaire est composé essen-tiellement de terres en dessous du niveau de la mer. 4 barrages principaux ont été construits, dont 2 avec écluses face à la mer du Nord et plusieurs barrages secondaires situés plus en arrière. L’ensemble du dispositif ferme l’estuaire. Après 40 ans de travaux, le programme s’est achevé avec la réalisation de l’impressionnant barrage anti-tempête dans le Nieuwe Waterweg, voie de communication entre Rotterdam et la mer du Nord. Constitué de 2 gigantesques portes, il est construit pour fermer le chenal de 360 mètres de large en cas de tempête, protégeant ainsi de la montée des eaux près d’1 million de personnes. Le tout dans le respect de l’environnement… On comprend mieux pourquoi les Néerlandais sont passés maîtres dans l’art des travaux hydrauliques…

Amsterdam - à côté de la gare centrale est entreposé un nombre inimaginable de vélos !

> Le pays du vélo inventif : On compte près de 16 millions de bicyclettes aux Pays Bas pour 16,2 millions d’habitants… Autant dire que le Néerlandais pédale dès le berceau, jusqu’en déambulateur ! Et c’est ce que nous avons le plus adoré dans ce pays : de voir des personnes de tout âge pédaler de ville en ville, nez au vent ou protégées derrière leur bulle en plexiglas, avec leur progéniture dans des triporteurs ingénieux avec une caisse en bois et des bancs aménagés ou encore sur leur grand vélo noir avec le guidon au plafond… Le hollandais ne voit pas d’obstacle à pédaler et nous avons là beaucoup à apprendre.

En Hollande, les quartiers semblent être construits autour des pistes cyclables...

Vous êtes en fauteuil roulant ? Qu’importe, un système pour caler votre fauteuil sur un triporteur dirigé par un comparse et le tour est joué. Vous devez emmener vos 2 marmots et leurs copains à l’école ? Pas de problème, faites les grimper sur les bancs aménagés d’un triporteur version bus scolaire (jusqu’à 6 places !!!). De quoi vous faire les mollets face au vent ! Il bruine ? Abritez-vous derrière une bulle en plexiglas devant votre vélo. Il pleut ? Pédalez avec votre parapluie droit comme un i sur votre grand vélo. Pas besoin des mains pour freiner puisqu’il suffit de retro-pédaler. Le Hollandais a réponse à tout et fait un beau pied de nez à tous ceux qui se cherchent des excuses à ne pas rouler en 2 roues. Belle leçon !

Les pistes cyclables aux Pays Bas sont goudronnées en rouge. Cela procure un grand sentiment de sécurité.

> Les fromages… Non, vous n’êtes pas sur un blog culinaire, malgré tous les commentaires sur les spécialités gastronomiques des pays que nous avons traversé… Mais que voulez-vous… dans la tribu cyclo-nomade des Mendy, les plaisirs de la table ont une place de choix ;-) Alors traverser la Hollande sans déguster du Gouda, de l’Edam et tous les autres fromages en « dam »  étaient un sacrilège à nos yeux.

Les fromageries sur la place principale de Gouda.

Cela a été mon plus gros moment de solitude également… Quand voulant acheter une de ses meules appétissantes de Gouda, je désignais du doigt à la Hollandaise aux joues roses, la meule « élue » parmi les autres sur l’étagère. S’en est suivi un dialogue de sourds, elle râclant ses phrases dans un parfait néerlandais et moi essayant de me faire comprendre en anglais. Puis devant mon acharnement (je le voulais mon bout de fromage !), la jeune-fille toqua dans la meule… ça sonnait creux… comme du bois… du bois vernis « imitation gouda », des étagères entières de meules de décoration en bois peint… La meule n’était donc pas à acheter, en tous les cas, pas celles sur les étagères !!! Plus tard, j’ai revécu le même dialogue de sourds chez un charcutier à qui je désignais un saucisson pendu au dessus de sa tête. Lui aussi était un trompe l’œil, il sonnait creux comme nos estomacs à ce moment-là :-)

Au-delà de l’anecdote, se rendre en Hollande sans goûter du vrai Gouda et de l’Edam est fort dommage, parce qu’ils n’ont rien à voir avec les fromages de supermarchés estampillés d’un moulin.  Fabriqués à partir de lait de vache, ils sont si onctueux qu’ils fondent sur le pain… Un vrai délice pour nos palais !

> La Haye « capitale juridique » du monde. La région de la Haye accueille plus de 80 organisations internationales actives dans le domaine de la paix, de la justice et de la sécurité. La Haye est également le siège de 5 tribunaux internationaux : la Cour permanente d’arbitrage, la Cour internationale de justice, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, la Cour pénale internationale et le Tribunal spécial pour le Liban. Aussi cette ville -souvent citée dans les médias au gré de l’actualité- est surnommée la « capitale juridique du monde ».

Nos coups de cœur en photos

Haarlem l’élégante : Cette petite ville située à une vingtaine de kilomètres d’Amsterdam rivalise à mon avis largement avec la capitale. Elle possède un centre historique rempli de maisons et d’édifices du 15ème siècle, bardé de canaux et de ponts à balanciers. Si vous vous rendez à Haarlem, n’hésitez pas à flâner dans les petites ruelles qui réserve des trésors architecturaux là où on ne s’y attend pas.
 

Le charme d’Edam : Cette petite ville connue pour son fromage possède également un charme fou. De belles maisons du 17ème siècle bordent les rues pavées et les canaux. Le camping au bout de la digue avec vue sur L’Ijsselmeer est un des plus sympas que nous ayons fait. Une aire de jeux composée de balançoires et tourniquets inventifs a fait le bonheur des garçons !
 

Madurodam, les Pays Bas à l’échelle 1/25ème . Conçu à l’origine pour les enfants, ce parc est la réplique miniature des principaux sites touristiques de la Hollande : Il enchantera donc vos chères têtes blondes, brunes ou rousses… Quant aux grands, ils ne sont pas de reste ! On est impressionné par les monuments, les constructions hydrauliques qui sont reproduites (dont le fameux barrage anti-tempête du Nieuwe Waterweg qui s’ouvre et se ferme en direct). Les sites, les bâtiments sont réalisés avec détails et les bus, voitures, trains et bateaux qui circulent, rajoutent une touche très vivante au décor.
 

Les moulins de Kinderdijk. Kinderdijk signifie « la digue de l’enfant ». On raconte que lors des inondations dévastatrices de la Sainte Thérèse, au 15ème siècle, la mer déposa sur la digue un berceau contenant un enfant en pleurs… et un chat. Une chose est sûre, c’est qu’après ces inondations, l’on bâtit un ensemble de moulins pour assécher la région marécageuse.  Aujourd’hui, il en reste 19, dressés à l’affilée au bord des canaux, face aux prairies et aux roseaux. Leur fière allure, leur nombre et leur configuration valent à coup sûr le coup de pédale, ils sont d’ailleurs classés au patrimoine mondial de l’Unesco.
 

Le port de Hoorn. C’est à Hoorn, qu’à été fondée la compagnie des Indes orientales. Ce port rempli d’histoire, de vieux gréements à coque plate et de pavés, est blotti dans une baie face à l’Ijsselmeer. Le vieux quartier est un régal des yeux avec ces façades ornées de belles pierres sculptées et de vieilles enseignes. Si vous allez à Hoorn, achetez un cornet de hareng pané frit… à déguster sur les quais face aux bateaux. Cela rend le décor encore plus grandiose ;-)
 

Marken, le village où le temps s’est figé. Ce village construit sur une île à 2,5 km de la terre, est désormais accessible par une longue digue balayée par les vents. Lorsque l’on approche de Marken, on est attiré par ses maisons en bois colorées d’un vert sombre, regroupées en cercle fermé et entrelacées par d’étroites ruelles, comme pour se protéger les unes des autres.
 

Notre météo

Les Pays Bas subissent l’influence des eaux marines, d’où des hivers plutôt cléments. Mais en été, les vents d’ouest rendent la météo très variable, d’une année à l’autre… voire d’une semaine à l’autre. Pour notre part, notre séjour en Hollande a été humide et très frais, 14°C en moyenne avec un vent à décorner les vaches ! Nous avons essuyé plusieurs jours de pluie et le reste du temps, difficile de faire sécher les habits avec l’humidité !

Stop ou encore ?

Nous retournerons certainement en Hollande pour faire un crochet à la saison des tulipes ou remonter la côte de la mer du Nord pour rejoindre la Scandinavie. Les Pays-Bas ne nous ont pas fasciné par leurs paysages, mais plutôt leur manière de vivre, de se développer, de faire face à leurs aléas géographiques. Amsterdam est une belle capitale, cependant l’omniprésence en été des jeunes européens qui sont attirés par la vente libre de drogue nous a dérangé. Même l’accueil du camping du centre d’Amsterdam nous a déconseillé de planter la tente avec nos jeunes enfants, « pour ne pas être ennuyés » nous ont-ils dit ! Dommage, parce qu’à contrario, les musées d’Amsterdam valent sans nul doute le détour, à savourer le temps d’un week-end d’arrière saison peut-être ?

Comment y sommes nous allés ?

En voiture, traversée de la France et cap sur Anvers (Antwepern pour les initiés) : Autoroute tout le long, l’accès est facile. Par contre, côté panneaux, une vraie panique : le néerlandais a son code bien à lui… certains panneaux directionnels sont rouges avec une typologie peu usuelle pour indiquer les villes au nom imprononçable… Pour couronner le tout, se repérer dans un pays aussi plat, sans point de vue, y compris la mer cachée derrière des digues, a été un vrai défi pour nous (Peut-être ne sommes nous pas vraiment doués ceci-dit !?)

A noter également, si vous circulez aux Pays Bas, soyez hyper-vigilants en ville : le vélo est absolument pri-o-ri-tai-re ! Régler vos rétroviseurs et ayez les yeux derrière la tête avant de tourner, si un vélo arrive, il a la priorité même s’il remonte la file par la droite.

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