Allemagne, la Bavière

Itinéraire - été 2004

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Connaissez-vous l’Allemagne et plus particulièrement la Bavière ?

Quand on s’imagine l’Allemagne, on pense à cette forte puissance économique qui produit de grosses berlines, et ses habitants qui entrechoquent de gros brocs pleins de bière à l’Oktoberfest et sillonnent les routes d’Europe en sandales chaussettes et combi Volkswagen. Mais l’Allemagne, c’est avant tout 350 000 km2 de paysages et d’architectures très variés, parsemés de clochers ballonnés ou en flèche, de rivières et de fleuves généreux, de toitures luthériennes et de maisons à colombages fleuries. Chaque länder (région) possède ses spécificités culturelles, culinaires et géographiques. La Bavière, est de loin le plus haut en couleurs : C’est le plus grand länder de l’Allemagne, le plus indépendant, le plus touristique, le plus chargé en histoire aussi. La Bavière est un pays dans le pays, à elle seule, elle vaut un sacré détour !

Le pays, vu de notre vélo.

Nous avons choisi de traverser le Sud de la Bavière, de part en part, le long de la chaîne de montagnes autrichiennes en empruntant la route du Königsee. Au départ du lac de Constance, cet itinéraire serpente le long des vallons et des contreforts des sommets alpins. La Bavière est tout comme la Suisse un écrin de verdure et de propreté où les maisons rivalisent de coquetterie avec leur toit cossu, leur façade peinte, leurs fenêtres débordant de géraniums et leurs rondins de bois alignés à flanc de maison au millimètre près. C’est une région imprégnée de romantisme avec ses lacs où se reflètent les clochers à bulbe, les forêts de sapins et des châteaux de contes de fée.

La Bavière est notre itinéraire de cœur, c’est notre première expérience de cyclo-voyageurs. Ce qui nous a séduit, c’est de se retrouver dans un pays où la culture du cyclo-voyage est ancrée :  Nombreux sont les itinéraires balisés qui sillonnent le pays, on trouve toujours un camping à moins de 40 km avec une aire aménagée pour les voyageurs à vélo. Si vous pédalez en Allemagne, vous sympathiserez vite avec des compagnons qui vélotent au même rythme sur les étapes de votre parcours.

La route du Königsee est un plaisir des mirettes : vous frôlez la chaîne alpine, avec des haltes dans les châteaux ou au bord des lacs. Vous empruntez des chemins de terre qui traversent les forêts de sapins et les vertes vallées ; vous roulez sur des pistes cyclables qui vous emmènent loin des routes et du trafic. Avec des enfants, cet itinéraire offre une grande diversité dans les activités : visite culturelle, baignade dans les nombreux lacs, promenade à bateau…

A noter : Certaines portions sont caillouteuses, notamment après Füssen et aux environs de Tegernsee. Bien que praticables, préférer les VTT ou VTC plutôt que les vélos de course avec petits boyaux… notre cas… en näifs cyclo-voyageurs que nous étions ;-)
 

Le tip top, c’est le réseau ferroviaire en Bavière. Il résulte d’une politique volontariste de développement des transports en commun et des déplacements doux à Munich et dans sa région. Résultat des courses : on trouve des wagons spacieux aménagés spécialement pour les vélos où les carrioles tiennent sans besoin de les dételer ou les plier, les mieux conçus que l’on ait emprunté en Europe. La plupart des gares ont des quais surélevés pour permettre de descendre en poussant simplement le vélo et la carriole. Ce qui permet de faire des sauts de puces ou de revenir à son point de départ, sans difficulté. Une grande souplesse pour réaliser son périple.

Ce qu’on a voulu retenir…

> La bière. Un mythe, une institution. Un allemand consomme environ  150 litres par an ! Dans des « Mass » de préférence, ces chopes gigantesques de 1 litre. Chaque région, chaque ville, chaque abbaye fabrique sa bière ou presque. Et pour la déguster en toute convivialité, l’Allemagne a sa particularité : les fameux Biergarten, ces jardins à bière qui fleurissent avec les beaux jours, bardés de bancs et de longues tables en bois. Il y en a une ribambelle le long des pistes cyclables qui vous tendent les bras pour vous désaltérer ;-)

Cour intérieure du château de Neuschwanstein.

> Louis II de Bavière, le roi rêveur. Ce jeune roi, dernier souverain de Bavière a accédé au trône à 18 ans. Empli d’idéaux, muré dans ses rêves,  il n’est pas réellement fait pour être roi. Il se désintéresse tellement de la politique, que les Prusses n’ont rencontré guère de résistance pour annexer la Bavière au Reich. Car Louis II, le roi romantique privilégie ses 2 véritables passions, au point d’en sacrifier son royaume : la musique de Wagner et l’édification de châteaux. Il réalise 3 grands édifices en Bavière, …de vrais décors de théâtre : L’éclatant Neuschwanstein, l’improbable Linderhof et le somptueux Herrenchiemsee.

Le Château de Hohenschwangau, où a grandi Louis II, entouré du lac des Cygnes (Schwansee) et du lac des alpes (Alpsee).

Mais Louis II ne profite de son vivant que de Linderhof, puisqu’il disparaît prématurément à l’âge de 41 ans dans des conditions mysté-rieuses : lui le grand roi solitaire d’1m94 , est retrouvé sur les rives du lac de Starnberg, dans moins d’1m d’eau, avec son médecin. Faut dire… 36 heures plus tôt, les notables bavarois excédés par ses dépenses, ses extravagances, se sont rendus à Neuschwanstein lui signifier sa mise sous tutelle… Pédaler en Bavière, c’est donc parcourir le pays de Ludwig et être fasciné pour son goût de la mise en scène et ses édifices somptueux. Ebloui par Versailles, prenant modèle sur Louis XIV, il est devenu en tous les cas avec le temps le Roi Soleil de la Bavière.

La Chapelle Saint Bartholomä sur le lac du Königsee (Lac du roi), au fin fond de la Bavière, là où on roule les "r".

> Le dialecte bavarois : Pour ceux qui révisent leur allemand scolaire pour mieux s’immerger en Bavière… un bémol : Les Bavarois possèdent leur dialecte avec les « r » qui roulent jusqu’au fond de la gorge. Passée la surprise, vous serez sans nul doute séduits par le chantant « Grrrrrrrrrrrüss Got » lancé à la cantonade, qui remplace le « Guten Tag » traditionnel (Bonjour) et qui signifie littéralement « Baiser de dieu ».

> L’Allemagne regorge de compositeurs de talents. Comment ne pas évoquer les œuvres de Bach, Haendel, Mendelssohn, Brahms, Schumann, Strauss ou encore du tortueux Van Beethoven ou de Wagner jugé un brin mégalo ? Personnellement, je garde un penchant enfantin pour Kulhau et sa sonatine si agréable à jouer au piano et un coup de cœur peu original mais respectueux pour le fameux prélude n°1 de Bach. Avez-vous déjà essayé de pédaler au son de la Walkyrie sur les petites routes bavaroises, avec de l’air pur plein les poumons ? A tester, pour le fun.

> Hitler, le passé sombre de la Bavière. Arriver à Berchtesgaden et au Königsee en voulant occulter l’influence des années hitlériennes est un leurre. Cette région a été le lieu de villégiature du Führer, sa région de prédilection également. La Bavière fût le berceau de la montée de l’extrême droite allemande au début des années 1930. Sa proximité et ses grandes relations avec l’Autriche toute proche (Salzburg n’est qu’à 20 km à vol d’oiseau de Berchtesgaden), permettra d’ailleurs à Hitler de s’assurer avec ses voisins des alliés dans sa quête du pouvoir. Hitler a donc jeté son dévolu sur cette région et l’on peut se dire qu’il avait en effet bon goût tant les paysages sont grandioses, les montagnes majestueuses. Si majestueuses qu’Hitler émit le souhait de bénéficier d’un salon de thé en altitude. Et quand le Führer veut, les allemands exécutent au plus vite… La Kelhsteinhaus (Nid d’aigle) fut offerte à Hitler en cadeau d’anniversaire pour ses 50 ans en 1939 après un an de travaux forcenés. Cette maison posée à près de 1 834 mètres d’altitude a une vue imprenable sur Salzbourg, le lac du Königsee et ses sommets alentours. Un ascenseur creusé dans la roche mène à l’édifice, aussi vertigineux que la mégalomanie de son propriétaire. A la fin de la 2nde guerre mondiale, la Royal Air Force a mené un raid sur le bâtiment, détruisant une partie de l’édifice. On raconte qu’en moins d’1h30, ce n’est pas moins de 1 200 bombes qui ont été lâchées sur la cible !

> Evoquer l’Allemagne, sans évoquer la Bretzel ou les « Brot » (pains) serait sacrilège ! Car oui, nous sommes autant enclins à savourer la géographie des pays que l’on visite, qu’à dévorer leurs spécialités culinaires. L’effort ça creuse ! Et ce que nous avons retenus de l’Allemagne, ce sont ces Backerei (Boulangeries) avec des étalages à n’en plus finir, débordants de brötchen (petits pains), schwarzbrot (pain noir), weissbrot (blanc), volkornbrot (aux céréales) ou encore le Pumpernickel, ce pain noir et tellement compact qu’il tombe comme une masse sur l’estomac. Mais ce qui a fait l’unanimité des petits et des grands de la tribu Mendy,  c’est la fameuse Bretzel ! Pièce unique, ces deux grandes oreilles entrelacées et briochées à souhait se dégustent à n’importe quelle heure ! Pratique à tenir, on la dirait faite pour les voyageurs à vélo : on peut pédaler en même temps qu’on la savoure, alors qu’attendez-vous pour croquer dedans ?

Nos coups de cœur en photos

Station de ski l'hiver - Les pâturages servent de camping l'été.

Badkohlgrub, la station de ski improbable. C’est tout en haut du village, campé en haut d’une route pentue, que vous trouverez le tire-fesses de Badkolhgrub. Mais cet endroit est avant tout un pâturage insolite, un camping original au pied d’un chalet bavarois. Les vaches et leur cloche en fond sonore. Nous y avons fait escale, par hasard. On en a pris plein les yeux.
 

Château de Neuschwanstein

Neuschwanstein, le château de Walt disney ? Ce château est tout simplement grandiose sur son éperon rocheux, dominant les lacs et les forêts et pointant ses tours vers les sommets alpins.

Neuschwanstein signifie le « Nouveau rocher du Cygne », c’est un vrai décor de théâtre… Walt Disney n’y vécut pas, mais il s’en inspira fortement pour dessiner le château de la Belle au bois dormant !
 

Le Königsee, ses bateaux électriques, son fjord envoûtant. L’eau y est tellement limpide et pure, qu’elle en est potable ! Des bateaux électriques vous emmènent faire le tour, claironnent à la trompette le long des parois pour faire entendre les échos majestueux de l’instrument (on en compte 7…). La chapelle Saint Bartholomä, édifiée en 1 134 au creux du défilé des montagnes, ajoute une note de féerie au tableau.
 

Le centre-ville de Bad Tölz. Les rues piétonnes sont bordées de maisons peintes comme un décor de théâtre, c’est rococo à souhait.
 

La piste cyclable entre Schwangau et Badkohlgrub.

Les pistes cyclables de Bavière. De vraies petites routes, goudronnées ou compactées, elles s’enfoncent dans la forêt et serpentent dans les verts pâturages, s’écartant des routes pour tracer leur propre chemin. Comment y résister ?
 

Lindau, sur la rive allemande du lac de Constance (Bodensee).

Le Bodensee (Lac de Constance) à la croisée de 3 pays. Une petite mer intérieure qui capte tous les scintillements du soleil, bordée de vignes, de collines vallonnées, de montagnes enneigées. Le tour du Bodensee est un itinéraire mythique à vélo également (260 km) …un de plus pour inciter à prendre le large.
 

Photo issue d'un dépliant... Nous avons perdu les pellicules de cette partie de notre périple...

Pour se rendre au château d’Herrenchiemsee, on emprunte un bateau : Ce Versailles bavarois a en effet été érigé sur l’île d’Herrenwörth au milieu du lac de Chiemsee. Dernière œuvre du roi Louis II de Bavière, qu’il n’aura pas l’occasion de voir achevé, c’est aussi celle qui a couru à sa perte, tant elle était onéreuse (plus que le prix de Linderhof et Neuschwanstein réunis !). Louis II avait par 2 fois étudié scrupuleusement l’architecture de Versailles, lors de voyage à Paris, pour en réaliser les plans. Si vous vous rendez à Chiemsee, faites une escale à l’île d’Herrenwörth et plongez vos yeux dans le jardin, dans l’axe du canal qui semble se déverser sur la ligne d’horizon du lac.
 

Notre météo

Un été chaud, ensoleillé. Seulement 3 jours pluvieux à notre actif, un record nous concernant ! En été, en Bavière, vous prenez en effet peu de risques d’essuyer de la pluie ou seulement pour une journée alors.

Stop ou encore ?

Encore biensûr ! Rien que pour la nostalgie de nos premiers coups de pédale… C’est un parcours à faire et à refaire pour le plaisir de rouler sur de belles pistes cyclables avec de très beaux paysages en arrière-plan, de déguster des bretzels, d’admirer les châteaux romantiques et de savourer les soirées au coin du lac.

Comment y sommes nous allés ?

En voiture, 1 journée de route en remontant la Vallée du Rhône puis en bifurquant du côté de Bâle pour rejoindre les rives du lac de Constance.

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